Navigate to agrarlobby stoppen

Navigation

Titelbild des Artikel: Une coopérative démesurée qui domine tout

Une coopérative démesurée qui domine tout

Nous connaissons tou-te-s Ramseier, Volg, Landi et les stations-service Agrola. Mais si peu d'entre nous savent que ces marques appartiennent toutes à un même groupe: Fenaco. Fenaco contrôle une grande partie de l'agriculture suisse et bénéficie amplement de la politique agricole actuelle. C'est pourquoi elle s'oppose farouchement aux réformes.

Alors que de nombreuses familles d'agriculteurs ne bénéficient que de maigres revenus, l'agrobusiness profite à grande échelle des paiements directs et de la protection des frontières. Il ne s'agit pas d'une simple affirmation, mais du résultat d'une étude commandée par la Confédération. Dans l'appellation "agrobusiness", sont compris les producteurs et négociants de pesticides, aliments pour animaux, engrais et semences ainsi que les fabricants et importateurs de machines, grossistes en produits agricoles sans oublier encore l'industrie alimentaire et les détaillants. Ceux-ci profitent tous de la politique agricole actuelle qui n'est pas suffisamment axée sur les besoins des familles paysannes, de la nature et des consommateurs. Malgré tous leurs discours, ils privilégient systématiquement les profits des géants de cette branche.

Un acteur majeur de l'agrobusiness est le géant aux revenus qui se comptent en milliards, Fenaco. C'est une coopérative surdimensionnée qui a progressivement absorbé les industries en amont et en aval de l'agriculture. Qu'il s'agisse des aliments concentrés d'UFA, des pesticides d'Agroline, des engrais de Landi, du diesel d'Agrola ou de l'achat des produits agricoles, les mains de Fenaco tirent toutes ces ficelles.

Politiquement, Fenaco exerce aussi une très forte influence. En effet, elle est membre de l'Union suisse des paysans (USP) et siège également à son conseil d'administration. Des dizaines d'élus au Conseil national et au Conseil des États votent systématiquement contre tout progrès dans le secteur agricole et alimentaire. Et donc en faveur de Fenaco.

Fenaco a récemment prouvé à deux reprises de quel côté elle se tenait. En janvier de cette année, elle s'est opposée au projet "Légumes bio Seeland", mettant ainsi en péril l'avenir économique des agriculteurs biologiques de la région. En février ensuite, elle a annoncé qu'elle contribuerait à hauteur d'au moins 400’000 francs suisses dans les campagnes contre les initiatives sur les pesticides. Elles nuiraient à leurs bénéficies tirés de la pulvérisation!


Fenaco: les chiffres

La coopérative Fenaco a franchi pour la première fois en 2019 la barre des 7 milliards de chiffre d'affaires:

  • Elle a encaissé 2 milliards dans le secteur du commerce de détail (Volg, TopShop et Landi).
  • Un peu moins de 2 milliards dans le secteur agricole (semences, pesticides, aliments pour animaux, technologie agricole, commercialisation des céréales et des oléagineux, élevage)
  • 1,5 milliard dans le secteur de l'énergie (Agrola)
  • Et encore 1,3 milliard dans le secteur de l'industrie alimentaire (notamment Ramseier, Ernst Sutter AG)

Rien ne fonctionnerait dans l'agriculture suisse sans Fenaco. A l'heure actuelle, Fenaco constitue un véritable quasi-monopole de fait, dont les parts de marché ne peuvent être pertinemment estimées que par les initiés de longue date au sein de ce secteur:

  • Dans le domaine du commerce des engrais, Fenaco, avec Landor, occupe une position dominante avec environ 60% du marché suisse.
  • Dans l'alimentation animale, on estime qu'il détient une part de marché de 50% avec l'UFA.
  • Concernant les pesticides, la part de marché de Fenaco est estimée à 60%.

(La plupart de ces chiffres proviennent du journal agricole «Die Grüne»)