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Questions et réponses

Questions sur la campagne

Qui dirige cette campagne?

Cette campagne est portée par les organisations environnementales BirdLife Suisse, Greenpeace Suisse, Pro Natura et WWF Suisse. Elle est également soutenue par des représentants de la société civile au sens large - des agriculteurs, des chercheurs engagés ainsi que des citoyens engagés (voir l'Appel).

Qui finance cette campagne?

La campagne est cofinancée par les contributions de plusieurs fondations ainsi que par des fonds issus des organisations environnementales. La Fondation pour une agriculture durable (Stiftung für eine nachhaltige Landwirtschaft - SNL) est le principal bailleur de fonds de cette campagne. Elle contribue pour environ un tiers de son financement.

Puis-je participer au financement de cette campagne?

Quel est l'objectif de la campagne?

La campagne révèle la manière dont le lobby agricole dicte et impose une politique agricole suisse orientée unilatéralement vers les intérêts de l'agrobusiness. Notre nature, les consommateurs et surtout les agriculteurs en souffrent. Il faut faire barrage à ce système nocif.

Pourquoi la campagne est-elle lancée précisément maintenant?

Le constat est sans appel: notre nature est en mauvais état (disparition des insectes, lacs contaminés, pesticides dans les aliments et perte de la biodiversité). Aucun des 13 objectifs environnementaux de la Confédération n'a été entièrement atteint à ce jour. La future politique agricole de la Suisse est actuellement en cours de renégociation au Parlement avec la PA 22+. C'est maintenant qu'il est possible d'enfin faire le saut qualitatif nécessaire vers plus d'écologie. Cette opportunité doit être saisie, car la crise climatique et la disparition des espèces ne nous accordent aucun délai.

Les gens n'ont-ils pas d'autres préoccupations après la crise du coronavirus? N'est-il pas primordial que l'économie se remette sur les rails maintenant?

La crise du coronavirus nous démontre une fois de plus à quel point nous sommes tous vulnérables. Il n'y a pas de ligne de démarcation entre la santé des écosystèmes, des humains et des animaux. La gestion de l'environnement nous incombe directement, pour le meilleur ou pour le pire. L'approche "One Health" (Une seule santé) doit dès maintenant être mise en œuvre de manière cohérente. Cela concerne en particulier l'agriculture.

Les paysans et l'agriculture

La campagne est-elle dirigée contre les paysans ou l'agriculture suisse?

Bien au contraire : nous voulons renforcer la position des agriculteurs. Nous voulons travailler avec eux à un avenir dans lequel ils pourront disposer d'un revenu décent grâce à une agriculture équitable et écologique et sans dépendre des grands groupes agro-industriels purement axés sur le profit.

N'y a-t-il pas des problèmes (environnementaux) plus importants que l'agriculture?

Bien entendu, les problèmes environnementaux ne sont pas uniquement causés par l'agriculture - pensez notamment aux transports, à la production d'énergie ou à la consommation. Mais comme la production des denrées alimentaires occupe énormément de terres, et que la production intensive requiert une forte utilisation d'engrais et de pesticides, les conséquences négatives pour l'environnement sont très importantes.

Pourquoi cette campagne s'adresse-t-elle uniquement à l'agriculture et non aux autres secteurs de l'économie?

Les organisations environnementales ont identifié la nécessité de sensibiliser la société ainsi que les agriculteurs quant à l'impact de l'agrobusiness et ont donc lancé cette campagne. Mais ces organisations travaillent également sur des sujets tels que la consommation, le système financier ou la protection de la nature.

Seule l'agriculture est soumise des objectifs environnementaux. Pourquoi pas également pour d'autres industries/secteurs tels que le transport, la construction, etc.

En raison de sa grande importance pour l'environnement, des objectifs environnementaux ont été fixés dans le secteur agricole en 2008. Les objectifs environnementaux dans le secteur agricole découlent de bases légales, c'est-à-dire qu'ils sont juridiquement contraignants. La législation sur la protection de l'eau, par exemple, fixe des valeurs limites pour les pesticides. Mais les accords internationaux sont également importants. Les autres industries et secteurs doivent également se conformer au droit applicable comme par exemple, les transports, l'industrie de la construction (par le biais de la stratégie énergétique), etc.

Le lobby agricole et l'agrobusiness

Qui est aux commandes du lobby agricole?

Le lobby agricole est l'un des groupes d'intérêt les plus puissants de Suisse. Il est constitué d'un réseau opaque d'acteurs qui bénéficient tous du système actuel et veulent absolument le conserver. Ce système est subventionné à hauteur de milliards de francs chaque année et il bloque délibérément les progrès vers une agriculture plus écologique. Le porte-parole de ce lobby est l'Union suisse des paysans (USP).

Que signifie le terme agrobusiness?

L'agrobusiness est un réseau où s’entremêlent de très puissants acteurs. Il comprend, entre autres, les producteurs et les négociants de pesticides, d'aliments pour animaux, d'engrais et de semences, les fabricants de machines, les grossistes de matières premières agricoles, l'industrie alimentaire et le commerce de détail.

Dans quelle mesure le lobby agricole représente-t-il les intérêts de l'agro-industrie?

Le lobby agricole défend de toutes ses forces le statu quo de l'agriculture industrielle et veut lui octroyer le même montant d'argent en subventions, alors qu'il y a de moins en moins d'exploitations agricoles. Les initiatives en faveur des familles paysannes, du progrès écologique et de la production alimentaire équitable ont toujours été combattues. C'est l'agrobusiness, et non les familles d'agriculteurs, qui bénéficie de cette politique.

Pourquoi le lobby de l'agrobusiness représente-t-il les intérêts agro-industriels?

L'agro-industrie est étroitement liée au lobby de l'agrobusiness. La Fenaco, par exemple, est membre de l'Union suisse des paysans (USP) aux côtés d'autres acteurs du secteur de l'agrobusiness. En outre, c'est l'agroalimentaire qui bénéficie le plus des paiements directs. Elle est financièrement prospère et peut donc ainsi financer son influence.

Dans quelles circonstances le lobby agricole a-t-il voté contre les intérêts de la nature?

Les votes du conseiller national Markus Ritter (président de l'USP depuis novembre 2012, et membre du comité auparavant) et du conseiller national Jacques Bourgeois (directeur de l'USP jusqu'en mars 2020) pour la législature actuelle ainsi que les deux précédentes démontre clairement le peu de poids de l'environnement dans les positions du lobby agricole: les deux importants dirigeants de l'USP ont voté en faveur de l'environnement dans seulement quatre des 26 votes au Parlement. En clair, ils étaient contre dans 85% des cas! Entre autres choses, les progrès concernant les pesticides, les objectifs environnementaux, les contributions pour les animaux, les importations de fourrage et même la protection de l'eau ont été rejetés.

Sur quels sujets le lobby de l'agrobusiness résiste-t-il réellement à une agriculture plus écologique?

Voici quelques exemples :

  • En 2012, lors des débats sur la réforme agricole 14-17, l'USP s'est notamment prononcée contre le fait de lier plus étroitement les paiements directs à des actions concrètes et a lutté contre la suppression des contributions liées aux animaux.
  • L'USP lutte depuis des années, tant au niveau fédéral que cantonal, contre l'introduction effective de plans d'eau pour protéger nos cours d'eau (ruisseaux, rivières et fleuves).
  • 2019: L'USP s'est opposée à tous les contre-projets directs et indirects aux initiatives "pour l'eau potable" et "pour une Suisse sans pesticides de synthèse".
  • 2020: L'USP ne veut pas connaître les améliorations écologiques du projet AP22+ du Conseil fédéral et veut les rejeter.

Production et sécurité alimentaire

Si la production est plus écologique, les rendements sont plus faibles. Cela réduit le degré d'autosuffisance et nous devons donc importer davantage. Cela ne peut pas être la solution.

Les techniques agricoles écologiques telles que l'agriculture biologique permettent d'obtenir d'excellents produits de bonne qualité sans utiliser de pesticides chimiques de synthèse. Il est vrai que l'agriculture biologique assure des rendements comparativement plus faibles que la production conventionnelle. Néanmoins, les pertes de rendement peuvent être compensées en réduisant le nombre de têtes de bétail, en consacrant davantage de terres arables fertiles à la consommation humaine directe et en réduisant le gaspillage alimentaire.

En outre, le degré d'autosuffisance ne dépend pas des rendements individuels, mais plutôt du choix des cultures. Si nous utilisons nos champs pour l'alimentation humaine au lieu de l'alimentation animale, l'on se rapproche du degré souhaité d'autosuffisance.

Comment collaborent la préservation de la nature et la sécurité alimentaire?

Nous ne pouvons produire des denrées alimentaires que si nous disposons d'un sol fertile et de nombreux organismes bénéfiques. Toutefois, si l'agriculture continue à produire de manière aussi intensive qu'aujourd'hui, nos sols, notre biodiversité tout comme notre sécurité d'approvisionnement sont menacés.

L'agriculture intensive en Suisse est importante. Pourquoi les organisations environnementales s'y opposent-elles?

Les organisations environnementales veulent une agriculture multifonctionnelle. La production de nourriture et la protection de la biodiversité doivent fonctionner en harmonie. Des milliers de paysans prouvent au quotidien que c'est possible.

Les agriculteurs sont déjà soucieux de la nature, car ils dépendent de la fertilité de leurs sols.

Le bilan de l'agriculture conventionnelle intensive est médiocre. Aucun des objectifs environnementaux n'est atteint. Certains de ces problèmes existent déjà depuis des décennies. Des mesures efficaces sont de toute urgence nécessaires afin d'améliorer la situation écologique dans l'agriculture. La mortalité des insectes et des oiseaux, la présence des pesticides dans l'eau et les denrées alimentaires, la présence excessive de fertilisants dans les forêts et les marais montrent clairement que le système actuel ne fonctionne pas.

Biodiversité

A quel point la disparition des insectes en Suisse est-elle grave? Pourquoi est-ce un problème?

La disparition des insectes est dramatique. Des études internationales à grande échelle ont montré qu'un tiers des insectes ont disparu au cours des dix dernières années. La diminution la plus importante a été observée dans les zones à forte utilisation agricole.

Les insectes, comme toutes les espèces, sont intégrés dans le réseau de vie de la nature et sont donc essentiels. Chaque espèce qui disparaît de notre terre est une perte irréversible. Les insectes jouent un rôle décisif dans la pollinisation de nombreuses plantes (y compris les cultures) ainsi que pour les fonctions vitales des sols.

A quel point la disparition des oiseaux est-elle grave en Suisse?

Depuis cette année (2020), la perdrix est officiellement considérée comme espèce éteinte en Suisse. Dans l'ensemble, les oiseaux des terres cultivées ont subi les plus grandes réductions de population: les oiseaux reproducteurs situés dans les zones agricoles (espèces cibles de l'OEA) ont diminué de plus de 50% depuis 1990. Incroyable: pas moins de cinq espèces d'oiseaux des terres cultivées ont disparu en Suisse depuis 1990! En comparaison directe, on trouve moins d'espèces d'oiseaux dans la zone agricole suisse que dans les autres pays proches de la frontière.

Ce n'est pas l'agriculture, mais d’autres facteurs (le boom de la construction et le mitage) qui sont responsables de la perte de biodiversité.

Non, les autres facteurs sont moins importants en ce qui concerne la perte dramatique de biodiversité dans les zones agricoles. Il est évident que de nombreux facteurs ont un impact négatif sur la biodiversité. Le boom de la construction ainsi que la destruction et la fragmentation de l'habitat naturel qui y sont associées en sont un aspect. Les apports excessifs d'azote provenant de l'agriculture sont principalement responsables de la disparition d'habitats semi-naturels tels que les landes et les prairies sèches riches en espèces. En outre, les améliorations foncières et les remaniements parcellaires ont contribué de manière significative à la perte d'éléments structurels précieux dans le paysage.

Enfin, les pesticides sont abondamment utilisés dans l'agriculture. Ceux-ci ont un effet direct ou indirect sur la biodiversité en tuant des organismes vivants ou en contaminant leurs ressources alimentaires.

L'agriculture ne contribue-t-elle pas aussi à la préservation de la biodiversité ? Mot-clé: Arrêter la déforestation

L'agriculture durable apporte une contribution majeure à la biodiversité. De plus en plus d'agricultrices et agriculteurs s'engagent volontairement en faveur de la biodiversité. La mosaïque originellement riche de différentes utilisations dans une zone relativement petite a permis l'existence d'une grande diversité d'habitats et de biocénoses.

Jusqu'à présent, la superficie et, surtout, la qualité des zones de promotion de la biodiversité ne sont pas suffisantes pour compenser les pertes.

Pesticides

Que sont exactement les pesticides, où sont-ils utilisés et pourquoi posent-ils un problème?

Les pesticides sont des substances toxiques utilisées dans l'agriculture, les espaces publics, l'horticulture et les jardins privés. Ils sont utilisés pour protéger les plantes contre les animaux indésirables tels que les insectes (insecticides), les escargots (molluscicides), les rongeurs (rodenticides), les plantes indésirables (herbicides) ou les champignons (fongicides).

Les pesticides sont également toxiques pour d'autres organismes bénéfiques. Par exemple, ils sont en partie responsables de la mort des insectes. Si les insectes meurent, de nombreux autres animaux, comme les oiseaux, ne trouvent plus de nourriture et en souffrent également. De surcroît, les pesticides sont également toxiques pour l'homme. Beaucoup d'entre eux peuvent favoriser des maladies telles que les cancers, la maladie de Parkinson ou peuvent encore nuire à la fertilité.

L'agriculture suisse répond à ces problèmes: l'utilisation des pesticides a diminué au cours des dix dernières années.

Cette évaluation se réfère à la quantité vendue et ne dit pas grand chose sur la toxicité réelle. Au cours des dix dernières années, des produits phytosanitaires (PPS) de plus en plus efficaces ont été mis au point, de sorte que le volume vendu a quelque peu diminué (plus de 2000 tonnes de pesticides sont encore vendues chaque année en Suisse), mais pas pour autant les effets nocifs qu'ils ont sur l'environnement et l'homme.

L'utilisation des pesticides a diminué de plus d'un quart. Cela signifie-t-il pas que le problème a été identifié et résolu?

Si l'on examine les effets sur l'environnement et la santé, tout un-e chacun-e prend conscience que l'utilisation des pesticides est et demeure un énorme problème.

Dans le cas du chlorothalonil, un métabolite d'une seule des plus de 300 substances actives autorisées a fait que 20 % des stations de surveillance du Plateau central ne sont plus en mesure de respecter la valeur limite. De nombreuses autres substances qui provoquent des cancers ou affectent la fertilité sont également approuvées. Et les études de Institut Fédéral Suisse des Sciences et Technologies de l’Eau le démontrent aussi: les petites et moyennes nappes d'eau, en particulier, sont fortement contaminées par les pesticides, ce qui cause des dommages à la vie aquatique.

Ces substances finissent également dans nos assiettes: le laboratoire cantonal de Zurich a trouvé des pesticides dans 89% des échantillons de fruits et légumes indigènes examinés.

Plus de 40 % des pesticides utilisés sont d'origine biologique. L'agriculture a donc revu sa copie.

Certes, le fait que davantage de produits provenant du secteur biologique soient utilisés est positif. Comme les produits biologiques doivent être utilisés en plus grandes quantités pour être efficaces, ils sont statistiquement plus importants. En revanche, l'utilisation d'insecticides et de fongicides hautement toxiques ne diminue guère.

Les valeurs limites pour les pesticides sont toutes respectées. Les résidus dans l'eau potable et les aliments sont sans danger pour la santé.

Les valeurs limites sont calculées individuellement pour chaque substance active. Cependant, plusieurs substances actives différentes se trouvent dans une grande partie des denrées alimentaires et dans l'eau potable. Celles-ci peuvent s'influencer mutuellement et accroître leurs effets négatifs (effet “cocktail”). Une valeur limite pour la toxicité mixte serait donc nécessaire. En outre, même de faibles concentrations peuvent causer des dommages à la santé si l'on y est exposé pendant toute une vie. Par exemple, des cas de cancer ou de maladie de Parkinson peuvent être imputés aux pesticides. Par mesure de précaution, les substances qui peuvent nuire à la santé ne devraient pas pouvoir pénétrer dans notre environnement ou dans notre alimentation.

Le dosage détermine la toxicité - s'ils sont correctement employés, les pesticides sont totalement inoffensifs dans les concentrations présentes

Il n'y a pas qu'un seul ingrédient actif dans l'eau potable et dans les aliments, mais plusieurs. Si l'on considère la quantité de substances actives dans son ensemble et non pas seulement individuellement, la dose est donc beaucoup plus élevée et les effets plus imprévisibles que ce que le lobby agricole se plaît à prétendre. En outre, même de faibles concentrations de ces substances peuvent causer des dommages lorsque l'exposition s'étend sur de longues périodes. Ces effets dits à long terme (effets chroniques) comprennent des maladies telles que le cancer, la maladie de Parkinson et la démence.

La réduction drastique des pesticides n'entraîne-t-elle pas aussi une baisse de la sécurité alimentaire

Même dans une agriculture sans pesticides chimiques de synthèse, il est possible de produire d'excellentes récoltes avec une grande régularité de rendement, comme le prouve l'agriculture biologique depuis des décennies. Les rendements seraient ainsi légèrement inférieurs, mais cela pourrait être compensé par une réduction du bétail, ce qui libérerait davantage de terres arables pour la culture de denrées destinées à la consommation humaine directe.

De nombreux médicaments polluent également nos eaux. Alors pourquoi ne dénonce-t-on que les pesticides provenant de l’agriculture?

Les résidus pharmaceutiques proviennent principalement des ménages privés et sont rejetés dans les cours d'eau avec les eaux usées municipales par les stations d’épuration des eaux usées (STEP). Depuis 2017, des stations d'épuration de différentes tailles ont été modernisées en Suisse afin de pouvoir filtrer même les micropolluants tels que les médicaments. Les premiers résultats positifs sont déjà accessibles.

Comme les pesticides utilisés dans l'agriculture pénètrent dans nos eaux souterraines directement avec l'eau de pluie, la modernisation technique des STEP ne peut pas résoudre ce problème. Les pesticides se trouvent presque partout, dans l'eau, le sol et même dans l'air. Ils sont nocifs pour les insectes et les diverses formes de vie aquatiques. L'utilisation des pesticides doit être réduite et les substances actives hautement toxiques doivent être interdites.

En comparaison avec les pays voisins, les agriculteurs suisses utilisent beaucoup moins de pesticides. Pourquoi la Suisse devrait-elle à nouveau jouer un rôle de pionnier exagéré dans ce domaine?

Ces comparaisons entre pays ne sont pas pertinentes, car les chiffres de vente des pesticides ne peuvent être comparés directement. Il faut tenir compte, par exemple, du fait que différentes cultures sont pratiquées dans différents pays, ce qui influence l'utilisation des pesticides. Et, toutes les substances n'ont pas le même degré de toxicité. Les comparaisons avec les pays voisins ne peuvent être faites que lorsque l'utilisation des pesticides fait l'objet d'une surveillance complète. Il faut déterminer quels produits, où, quand et dans quelles quantités sont répandus.

En général, l'utilisation de pesticides dans l'agriculture suisse pose d'énormes problèmes. Ils détériorent la qualité de l'eau potable et sont en partie responsables de l'extinction d'espèces. Si nous voulons protéger notre environnement et la santé de la population, nous devons prendre des mesures, indépendamment de ce qui se fait à l'étranger.

Contributions publiques

Combien d'argent l'agriculture reçoit-elle de l'État?

L'agriculture est soutenue par un ensemble complet de mesures dans le cadre de la politique agricole. Les instruments les plus importants en termes financiers sont les paiements directs qui s'élèvent à environ 2,8 milliards de francs suisses par an. La protection douanière pour les produits agricoles est l'autre mesure importante correspondant en volume (chiffre d'affaires) à environ 3,3 milliards de francs suisses.

Parmi les autres avantages figurent une réduction de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur certains produits, des allégements fiscaux et des réductions sur l'assurance maladie.

Les paiements directs ne sont-ils pas déjà liés à des prestations?

Seulement un peu moins de la moitié des paiements directs sont liés à des prestations, le reste étant versé sous forme de montant forfaitaire.

Les organisations environnementales sont-elles fondamentalement opposées au soutien des agriculteurs?

Les associations environnementales sont favorables au soutien de l'agriculture et ont toujours soutenu le cadre de paiement. Cependant, nous pensons que l'argent des contribuables doit être utilisé pour l'agriculture écologique afin que les services promis soient fournis.

Dans le système actuel, les contribuables paient deux fois: une fois pour soutenir l'agriculture et une autre fois pour réparer les dommages environnementaux qu'elle a causé.

Animaux, fourrages importés et purin

Quelle quantité d'aliments pour animaux importe la Suisse?

L'agriculture suisse importe annuellement environ 1,8 million de tonnes d'aliments pour animaux, dont environ 320'000 tonnes sont importées d'outre-mer. Cette quantité a fortement augmenté ces dernières années. A part les céréales et le soja provenant d'Europe, de grandes quantités de soja sont également importées du Brésil.

Pourquoi l'importation d'aliments pour animaux pose-t-elle un problème?

Avec l’importation d’aliments pour animaux, la Suisse fait aussi entrer de très grandes quantités de nutriments - en particulier de l'azote. Ce dernier se retrouve dans l'environnement sous forme de purin et pollue le sol, l'eau et les forêts. Cet apport démesuré en fertilisants détruit la biodiversité et, via l'ammoniac, pollue également l'air que nous respirons. En outre, de grandes surfaces de terre sont utilisées pour la culture de ces fourrages pour animaux dans leurs pays d'origine, lesquelles terres ne sont alors plus disponibles pour la culture de denrées alimentaires. Tant la population locale que les communautés indigènes sont de facto menacées par le défrichement de la forêt tropicale.

Dans les régions tropicales en particulier, la culture du soja est tout sauf durable. Pourquoi: en raison de la mince couche d'humus des sols tropicaux et du rapide lessivage des nutriments qui y est associé. En outre, le transport international ainsi que la dépendance qui en découle (vis-à-vis des grandes entreprises agricoles) ne sont plus cohérents avec la transition écologique requise pour protéger le climat mondial.

La Suisse possède beaucoup de prairies, sur lesquelles aucune agriculture ne peut être pratiquée mais où seuls des animaux peuvent y être élevés.

C'est exact. Il est tout à fait logique d'utiliser les prairies et les pâturages des régions de montagne pour l'élevage, car ceux-ci ne conviennent souvent pas à toutes les cultures arables. Les raisons sont climatiques ou alors liées au relief ou encore à leurs dimensions trop restreintes pour l'agriculture. Mais aujourd'hui, la Suisse compte beaucoup plus d'animaux que ces pâturages ne peuvent supporter. Ainsi, les porcs et les poulets sont engraissés intensivement sur les terres arables du Plateau central.

Le maïs est, lui, cultivé pour la production intensive de lait, lequel lait est par la suite exporté à l'étranger sous forme de fromage ou de lait en poudre, avec l'aide de l'État. C'est également la raison pour laquelle trop d'aliments pour animaux sont importés. La protection aux frontières est faible et la production de viande est protégée par des droits de douane. Avec une réduction du nombre d’animaux destinés à l’alimentation, nous pouvons complètement nous passer de fourrage importé.

La viande importée est beaucoup plus nuisible au climat que celle produite dans le pays.

Pas nécessairement, cela dépend du type de viande, de son élevage et du mode de transport. Cependant, il ne s'agit pas de remplacer la viande suisse par de la viande importée. L'objectif doit être la diminution de la consommation globale de viande. En Suisse, nous mangeons beaucoup trop de viande, que ce soit d'un point de vue sanitaire ou environnemental.

La production de viande à l'étranger est bien moins respectueuse que l'élevage en Suisse.

Même si les conditions en Suisse sont meilleures dans certains domaines, il y a encore beaucoup de choses à améliorer, en particulier dans l'élevage de porcs et l'engraissement de poulets. La réalité n'a, pour ainsi dire, rien à voir avec les clichés publicitaires des grands distributeurs.

La plupart des aliments pour animaux proviennent de Suisse.

En Suisse, les aliments pour animaux d'élevages ne nourrissent que 53 % des porcs et 28 % des volailles. Dans l'ensemble, le degré d'autosuffisance de la Suisse en viande n'est que de 52 % si l'on inclut dans le calcul les aliments importés. La viande suisse contient donc une bonne part de produits étrangers.

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